lundi 19 juin 2017

En pente douce, très douce...

Le temps semble plus lent.
Avoir à rester une semaine de plus après son départ s'annonçait pesant.
Il en n'est rien.
J'ai eu du temps pour gérer tout un tas de tracas doucement,
sans stress, m'endormir quand j'ai sommeil, ouvrir les yeux sans le réveil,
manger quand j'ai faim, lire, écrire, trier, ranger...

En rangeant justement, j'ai retrouvé cette photo, prise pendant une randonnée il y a quelques mois.


C'est un poème écrit après les attentats du 11 septembre,
et qui dit en gros,
si j'avais su que c'était la dernière fois qu'on se voyait, j'aurais pris le temps de graver cette image dans ma mémoire.
À la fin, il ajoute : serre dans tes bras ceux que tu aimes,
et chuchote à leur oreille,
prends le temps de leur dire ton amour,
et les choses comme "je suis désolé", "pardonne moi", ou "ça va...",
comme ça, si demain ne vient pas,
tu n'auras pas de regret pour aujourd'hui.

Je pense un peu à ma maladie d'amour.


Mais pas trop quand même.

Le plus compliquée, c'est la valise, remplie de petits et grands cadeaux,
plus de place pour les vêtements, qui devront tenir dans le bagage cabine...
Faut que je jongle comment agencer tout ça.
C'est totalement prématuré, mais je pense déjà à mon retour dans un an.
J'ai chargé la barque avec quelques livres, mes anciens bullets qui me servent aussi de carnets de voyage...
Et puis je prends quoi en fait ? Je sais même plus.
Ici, je ne me pose pas de question : quand je n'ai pas mon uniforme d'école, j'ai une robe à bretelles.
Plein en fait.
Mais en France, il faut un K way ? des chaussures ? Mon blouson ? Ai-je vraiment tout oublié des étés français ? J'ai la mémoire qui flanche ...



Je voudrais bien quand même être la plus belle pour aller danser...



Le ciel est si grand ici.
Le soir, il prend toujours des couleurs incroyables.


J'ai l'impression de me retrouver.




samedi 17 juin 2017

Fais-moi un signe #8 De toi à moi, une petite crise de foi ?

Dans ce halo de musique et de bonne humeur, 
tout d'un coup les larmes me sont montées aux yeux, 
quand j'ai lu ça :
"Continue à prier la Sainte Vierge. Elle était aussi mère et en tant que telle, elle connaît les épreuves d'une mère. 
Elle va te présenter à son fils, et elle va mettre tes soucis à ses pieds. 
Il ne va pas dire non à sa mère. Il exauce tout le temps ses demandes."
Beau, touchant.
Typiquement louisiannais.

C'était après une joyeuse et légère journée "massage-lunch" organisée par des collègues.
En soirée, j'ai rejoint Martine pour aller passer ladite soirée dans une de mes places favorites,
Nunu's à Arnaudville.
C'est un potluck (à la fortune du pot donc...), on mange bien, on danse, on bavarde et on rigole ...
C'est pas que j'ai pas le coeur gros,
c'est juste que je vas pas m'infliger une double peine en me cloîtrant.


Pis je sais pas pourquoi, après avoir pris cette photo,
j'ai cliqué sur mes courriels et il y avait celui de mon ami Daniel, un cadjin que j'aime énormément et dont c'est la fête aujourd'hui
(l'anniversaire... mais si tu dis anniversaire ça suppose être celui du mariage et Daniel est pas marié, bref...).
Donc on avait échangé des nouvelles et je lui avais écrit notamment tout ce qui concernait les boys et qui me rend fière: la prochaine graduation de Franzouski pour laquelle je serai présente, son job dans la foulée dans l'établissement qu'il voulait, les soucis du Kid avec ses genoux , mais son appart aussi, enfin toutes  ces choses qui me font penser que j'avais bien fait de vendre mon Berlingo...
Et j'avais fini en disant que je vais souvent prier devant la statue de Marie,
sur cette petite île chargée de foi, au bout de ma rue.
Au point même que, j'ai pas pu résister devant ce chapelet dédié à Ste Rita
(et qui sent la rose je te prie, mais oui...).
L'odeur, le toucher, la longue litanie sur cette île devant cette statue, ou dans mon lit si je suis tourmentée,
l'idée de cette connivence qu'on a autour de Ste Rita (merci Cédille),
qu'on pense les uns aux autres,
ça fait comme la méditation, ça m'apaise.


Et Daniel m'a répondu ça.
Et ça va rester comme un petit point lumineux quand mon ciel sera trop noir.

Ce matin il n'était que gris.
J'ai fait un dernier tour à la piscine,


Et dans l'eau, j'ai trouvé :


La même que j'ai à mon poignet, 
parce qu'une des images qui me restera de mon bayou,
ce sont toutes ces tortues au soleil, qui plongent dès qu'on s'approche avec un petit son tout léger.
j'ai bien aimé ce petit signe aussi...


Ce soir c'est contradance, demain c'est valise, mardi c'est avion, mercredi c'est rencart et jeudi c'est back home.

jeudi 15 juin 2017

La grossitude ça n'existe pas #9 Parce que je le vaux bien

J'aime cuisiner, même pour moi seule, même quand je n'ai pas le temps.
C'est une sorte de méditation qui m'apaise et me permet aussi de rester ancrée dans ma réalité gustative à la française.
Ce n'est pas que je n'apprécie pas la nourriture locale, au contraire.
Si tu fais abstraction de la friture de festival, la nourriture louisiannaise traditionnelle, lorsqu'elle est de qualité, est très bonne.
Du reste, j'ai introduit beaucoup de produits locaux dans ma consommation : les avocats, les patates douces, les haricots rouges, les crevettes et les écrevisses à tire larigot, et même les épices un peu hot, mais pas trop en ce qui me concerne, contrairement aux gens du cru, dont je me demande parfois s'ils sentent vraiment le goût de ce qu'ils ingurgitent.

Entre deux avions cette semaine, et avec un peu de ce vague à l'âme qui me fait généralement opter pour un truc fort en chocolat, j'ai la chance qu'il fasse très chaud.
Chaud brûlant, chaud pastèque, pas chaud chocolat.

Je prends conscience aussi depuis quelques temps de la réalité de mes besoins alimentaires.
Mon rythme personnel de nourriture.
J'avais déjà remarqué, quand je pélerinais vers St Jacques, que peu importait la qualité ou la quantité de ce que j'absorbais le matin, sucre, protéine, laitage or whatever, de toute façon à 9.00, je crève la dalle. Et franchement, IL FAUT que je mange.

Moyennant quoi, bien souvent je mange deux fois le matin...

Quand je suis en vacances je respecte ce rythme naturel, je me réveille naturellement vers 7.00, mais je déjeune (je brise le jeûne nocturne donc) tard, peu importe à quelle heure je me suis levée. Je ne mange rien tant que je n'ai pas faim.

Et tu vois, là je me gâte...comme je le mérite !


Finalement je mange deux fois en tout : le soir de bonne heure, timing américain, moment où j'ai de nouveau faim.

Le tracas c'est que je ne suis pas encore en retraite, à laquelle, tu peux me croire, j'aspire de tous mes voeux.
Juste pour ça : faire ce que je veux quand je veux...
Ça fait qu'un petit plat de cette sorte, quand je suis à l'école, c'est juste pas possible, même bien emballé : je ne peux pas manger en présence des enfants, et je n'ai pas de pause ...
Je me lève entre 5.00 et 6.00, et je peux pas tenir sans rien jusqu'à midi.
Alors je mange le matin quand j'ai pas faim, je meurs d'inanition vers 9.00, et je mange des trucs en douce, en plusieurs fois, pour me caler, des noix, des fruits, et, plus on avance vers la fin de l'année, le stress aidant, pas mal de saloperies aussi.
Même avec des aliments soi-disant healthy, le résultat c'est que mon estomac ne se repose jamais, je ne me sens jamais rassasiée.
Cette frustration me travaille au corps jusqu'à la sortie de 15.30 où généralement je plonge la main, le bras et l'épaule dans la réserve de chocolats de ma collègue belge (que nous regarnissons en commun).

J'avais arrêté les snacks pendant mon test du Whole30.
Mais ça voulait dire manger mon petit plat à 6.00, qui était bien bon, des protéines, des légumes et un peu de gras, qui tenait pas mal au corps, mais qui me demandait quand même un effort très inconfortable en milieu de matinée.
Une fois le test fini, je suis revenue back.
Et je comprends asteure que, question manger, tu peux faire des salto-arrière si tu veux, ça travaillera jamais si ça respecte pas ton horloge interne.

Au Canada, j'ai beaucoup fonctionné sur mon mode vacances, sans y penser.
Je réalise maintenant que ça se faisait juste comme ça.
Et comme tu peux le voir là, j'ai bien vite retrouvé figure humaine.
(Ah non pas la figure finalement, seulement l'estomac,
ça devait être un jour où j'avais gelé à l'aube sous la tente...)


Et depuis que je suis rentrée, j'alterne cuisine, rangement (de paperasses essentiellement), vidage de placards, et préparation des valises.


Ça me fait me sentir un peu moins triste, un peu plus libre et légère. 
Prête à déployer mes ailes.
Parce que je le vaux bien.

Page blanche

Une page qui se tourne,
une vie qui reste à écrire,
une nouvelle feuille de mon petit coeur d'artichaut qui s'envole...




Peut-être que j'aurais dû rien dire.
L'été serait passé, on se serait revus, j'aurais accepté ce qui ne va pas,
et ça m'aurait évité de passer seule les prochains mois.
J'aurais profité encore un peu de la Louisiane avec lui et ça se serait terminé avec la fin de mon contrat.

Mais j'ai pas pu.
J'ai pas pu, pour lui plaire, oublier ce que je suis moi.
Faut être honnête, depuis Mardi-Gras, c'était un peu plié...
Et on a eu beaucoup de bon temps ensemble, faut pas l'effacer,
à commencer par ces deux semaines de vacances à cheminer ensemble dans des endroits merveilleux.
Mais quelqu'un qui est trop fier pour dire "désolé" quand il a été blessant,
qui sait pas ouvrir ses bras quand il faudrait,
qui croit qu'avoir l'air de rien ça va faire disparaître le tracas,
non c'est pas pour moi.

Moi j'aurais pas voulu qu'il change.
Seulement qu'il m'accepte telle que je suis.
C'est-à-dire pas comme sa défunte femme.
Que je cuise les pâtes dans beaucoup d'eau,
que je ne tourne pas la tête quand quelque chose se passe devant moi,
que je jette ce qui est trop cassé, trop décati, trop moche,
que je respecte mes propres besoin avant ses désirs.

Parce que désir et besoin, c'est pas pareil.
Et lui, il commence souvent ses phrases par "t'as pas besoin de..."

Ces derniers temps, je me suis souvent sentie pas respectée.
C'était rien de grave.
Mais c'était pas isolé.

Pis quelqu'un qui te dit pas que tu lui manques,
c'est peut-être... parce que tu lui manques pas.

Une fois que ça a été dit,
les tensions se sont apaisées.
J'ai eu envie de rire quand il a répondu : oui toi et moi ça ne va pas, j'attendais la fin des vacances pour te le dire...

Je me suis sentie à la fois soulagée et un peu anxieuse de me retrouver seule de nouveau.
Je l'ai conduit à l'aéroport ce matin.
Il m'a semblé qu'il serrait ma main un peu plus fort dans la voiture.
Une façon de dire adieu sans tapage probablement.
J'ai pleuré un peu en rentrant chez moi,
et puis j'ai laissé aller...
Ça passera, comme toutes les autres fois,
où mon petit coeur fragile, et qui aurait tellement d'amour à donner,
s'est emballé pour une histoire qui n'est finalement pas la sienne.

Ste Rita, la prochaine fois si tu peux m'envoyer quelqu'un qui n'ait pas de chagrin à éponger,
j'apprécierais...





Falls

Il n'y a pas que les lacs.
Il y a aussi les chutes de toutes sortes, bouillonantes ou délicates,
qui rendent les abords glissants, mais aussi un peu magiques lorsqu'un arc-en-ciel les traverse...

Athabasca


Grassi lake



Johnston Canyon





Marble canyon



Sunwapta


Tangles

Wapta



Rainbow collection






50 nuances de bleu, non de vert...

C'est un pays de lacs,
des petits, des grands, de toutes les couleurs d'une palette qui va du brun au turquoise, en passant par des bleus glacés ou tendres, auxquels le smartphone ne rend pas toujours justice.
Dans certains je me suis baignée,
pas dans ceux avec les blocs de glace, je vous rassure.
Des paysages vraiment exceptionnels,
dont on ne se lasse pas, à cause de la couleur, mais aussi de l'arrière plan des sommets de ces immenses Rocheuses...
Randonnée de la vallée des cinq lacs



Grassi Lake



Lac Émeraude


Lac Herbert



Lac Louise


Lac Maligne, même quand le temps est gris c'est beau...


Lac Mina


Lac Peyto, vu d'en haut c'est encore plus beau


Patricia Lake


Pyramide lake


Waterfowl lakes




Un problème, une solution...

Comme tu peux le voir sur ces photos du Lac Moraine,
il faisait bien bien froid....




Quand on a fait le trail de Wilcox pass, 
j'étais en sandales, comme d'habitude (des Teva, très bien...)
il y avait encore beaucoup de neige...



mais on n'a pas regretté, parce que de là haut, on avait une vue imprenable sur le glacier Athabasca, qui semblait comme un désert blanc.
Quand on est redescendus, pour aller voir de près, 
on a été un peu gênés par une foule serrés de touristes,
dont la plupart atteignent le pied du glacier en autobus...
(on n'a pas le droit d'aller dessus sans guide et encordé)



Sur le site on voit bien le recul de l'une de ces réserves d'eau douce mises à mal par le réchauffement climatique...


Les journées pouvaient être belles et assez chaudes.
Mais les nuits franchement on se pelait.
Et malgré l'acquisition d'un long john, 
recouvert de plein d'autres fringues...


Je sentais le froid du sol à travers toutes ces pelures et le tapis....
Sans compter que, sans matériel complet, le camping est une fausse économie,
qui te vaut de manger au restau le soir, dans une région où tout est cher ...
(CAN30 pour une nuit, ou 15 sur un des ces campings sans douche...)
Un matin j'ai dit : "Je ne repasserai pas une seule nuit dehors. Si t'es pas d'accord avec ça, tu me laisses à Jasper, je me débrouillerais..."
Le roi des Cajuns a quand même fini par avouer que lui aussi avait très mal dormi...
À partir de là, on a choisi des hostels, des auberges de jeunesse, pas données non plus, mais bien moins chères que les hôtels, et où tu peux te faire à manger.
Certaines sont "wilderness", très rustiques, sans douche, ou alimentées parcimonieusement par panneaux solaires...
Mais au chaud et dans des endroits souvent merveilleux
(comme celle-ci, à Rampart creek, dotée d'un sauna ou tu peux te doucher au pot à eau...)