lundi 5 décembre 2016

Madame Nicole va de l'Avent...

C'est la maîtresse de français qui vous écrit.
Pour vous dire que ça va un peu mieux,
elle souffle un peu,
vient d'apprendre que l'école va lui acheter un ordinateur portable,
et qu'elle aura une journée libre à la rentrée de janvier,
pour sortir un peu le nez du guidon et organiser la suite.
On va dire que ça fait un peu pencher la balance :
si j'étais en France, je crois pas que l'administration chercherait à améliorer de cette manière mes conditions de travail
(je dis pas ça pour vous Madame Scarlett, je sais que vous faites au mieux).
Ça reste lourd, mais si je peux ne pas camper à l'école juste à point d'heure,
et remplacer une journée de réunions par un temps de planification,
ça fera une différence quand même.

Une autre différence, sur laquelle j'ai revu mon idée,
c'est l'usage qu'on fait ici des médicaments pour gérer le comportement des enfants ou les déficits d'attention.
Bien sûr, globalement, en France, on est contre ça, et on critique beaucoup.
Sauf que, ici comme chez nous, des élèves à comportements lourds et ingérables, ou très très dispersés, sont notablement nombreux.
Pis qu'on vienne pas me dire que c'est la faute aux parents, à l'enfant roi et touci touça.
Evidemment que les déficit éducatifs n'aident pas.
Mais il y a plein de contre exemples et je suis de plus en plus convaincue qu'il y a un lien très fort avec les perturbateurs endocriniens, phtalates, pesticides...auxquels les jeunes américains sont encore plus exposés que les français.
Que le collègue qui n'a pas eu une tarière dans sa classe,
I mean, un blaireau feulant qui t'empêche t'enseigner vu que tu passes ton temps à le gérer
(sauf quelques wonder pédago qui prétendent qu'ELLES elles n'ont pas ce problème, car elles ont de l'autorité ELLES...),
me jette la première brosse à tableau.
Ben je vais te dire, que quand le même prend sa petite pilule quotidienne,
et que tu retrouves le goût d'enseigner, en même temps que ses camarades reprennent une vie normale,
tu reconsidères ta position sur la question.
Alors oui, c'est navrant de devoir compenser chimiquement les attaques du système neurologique par la pollution,
mais si l'un retrouve les chemin des apprentissages pendant que les autres gagnent en tranquillité,
peut-être faut-il commencer à considérer la question autrement.

Rien à voir, enfin si, quand même un peu,  la semaine dernière, j'étais assise à une table, et j'écoutais mes 4èmes grades préparer des affiches sur le cycle de vie des plantes. Je cochais ma petite grille d'observation pour le français.


Pis je les ai regardés.
Travailler ensemble, coopérer, se contredire, argumenter... avec leur français maladroit.
J'ai repensé à l'an dernier, l'enfer que c'était cette classe de boulets, qui n'avançait pas, n'était intéressée par rien, ne pensait qu'à jouer, avec en plus un esprit individualiste insupportable.
Je me suis sentie super fière d'eux, et je me suis promis de m'en souvenir la prochaine fois,
qu'avec ma collègue, on se plaindra de nos 3èmes grades de cette année...

A ce propos, j'ai lu que les élèves français sont en queue de peloton s'agissant des maths et des sciences.
Ben je peux vous dire une chose, c'est que, moi en sciences, depuis que je suis sur l'autre bord,
je me suis bien détendue du slip.
Vous voyez le collier de nouilles et bonbons, sur un cure-pipe, là ?
C'est un modèle de colonne vertébrale
Ou comment faire comprendre à des mômes de 8 ans, pourquoi on peut plier le dos...
On a aussi eu le céleri qui devient bleu, le haricot qui fait du gymkhana dans une boîte à chaussure, la bouilloire qui fait pleuvoir...

Un peu après cette séance, on a commencé une nouvelle séquence d'étude de l'impact de l'homme sur son environnement.
Pendant la première séance, ils devaient faire la liste de ce dont on a absolument besoin pour survivre (manger, boire, respirer, s'abriter, s'habiller...).
Un groupe a discuté ferme pour savoir s'il fallait ajouter Jésus.
C. a dit : "Mais si, on a ABSOLUMENT besoin de Jésus !" et les autres ne savaient ABSOLUMENT pas quoi répondre.
Jusqu'à ce qu' E. ait la présence d'esprit de remarquer : "Ecoute, madame Nicole nous a JAMAIS parlé de Jésus en Social studies, alors à mon avis faut pas le mettre."
Ils l'ont pas mis.
Tant mieux, parce que j'étais déjà en train de jongler à toute vitesse comment j'allais évacuer cette question sans commettre de faute de goût...
Et la solution venait pas aisément...

Mais c'est normal qu'on parle de Jésus.
C'est l'Avent.
On met des chansons de Noël pendant l'écriture, je leur ai appris le Pauvre Pâtre, ici pas de complexe avec les chansons religieuses et j'ai une crèche dans ma classe (ainsi qu'un elfe sur l'étagère, je vous montrerai...
C'est une joyeuse période, toute illuminée. même si je travaille jusqu'au 22.
Franzouski arrive le 18, le Kid voulait débarquer la semaine prochaine, j'ai dit niet.
Je suis une mauvaise mère, mais la maîtresse a besoin d'encore un peu de tranquillité.

dimanche 4 décembre 2016

Un dimanche matin

Ce matin, comme tous les jours où je ne travaille pas, 
je me suis réveillée à 4.30 ...
Bon mais cette fois je me suis rendormie en écoutant la pluie d'hiver sur les carreaux,
comme dans la chanson.
J'ai refait surface presque 4 heures plus tard, après un rêve bien agréable :
mon beau m'appelait et me chuchotait de jolies choses.
C'était étrange parce qu'il me parlait en anglais, ce qu'on ne fait jamais
(d'où mon absence totale de progrès)
et au fond j'entendais la musique du film le Magicien d'Oz
"Somewhere over the rainbow".
Mais c'était pas en noir et blanc,
il y avait plein de couleurs dans ma tête, derrière le téléphone.
Ça doit être l'effet collatéral de tous ces films de Noël que je regarde sans arrêt.

Le magicien d'Oz n'est pas sur la liste,
et mes deux préférés sont un peu plus élaborés que ceux où tu sais dès le générique de début, 
qui est fait pour qui, 
mais il n'y a que les personnes concernées qui ne le savent pas...
J'ai nommé "Love actually" et surtout "It's a wonderful life" de Franck Capra.
La morale du premier c'est que Noël c'est le bon moment pour être sincère,
et du deuxième qu'on n'est jamais un raté si on a des amis.

Moi, j'ai toujours un peu peur d'être sincère en amour,
j'ai peur de souffrir.
Heureusement pas avec mes amis...
N'empêche que je me suis levée non seulement reposée,
 mais aussi de très bonne humeur,
malgré la pluie.
J'en étais à mon petit déjeuner, quand le téléphone a sonné,
et que j'ai reconnu sa voix, 
avec son accent rassurant,
depuis l'autre bord.

Il n'a rien chuchoté du tout, mais dans mon cœur il y avait cette petite musique et toutes ces couleurs. 



Je vous laisse avec le beau James Stewart.
Je m'en vas danser au Bonne Chance café.
J'ai pas de partenaire, mais tant pis...

mercredi 30 novembre 2016

Douceur farouche

Je vas profiter que mon beau a pris l'aéroplane ce matin,
et qu'asteure il doit être au ras de l'autre bord,
pour dire à vous autres combien il est doux de faire connaissance avec un galant.
Surtout çui la qui me fait sortir de ma zone de confort, pour m'emmener faire des trucs improbables, dont j'avais pas idée en débarquant ici.
Après la pirogue donc,


Oui, le cheval.
À 56 ans.
Bon OK avec une vaillante jument bien tranquille, un de ces petits chevaux américains pas trop hauts.
Un grand tour en forêt plus tard, j'ai bien envie de recommencer.
Mais il va falloir espérer que son maître revienne back... pour s'endormir dans des bras accueillants aussi.
Je suis souvent après jongler à quoi je vas faire l'an prochain.
Rentrer comme prévu ou rester ?
La vie française me manque beaucoup, mais elle me paraîtra bien fade sans le cajun seasoning de la vie farouche dans les ciprières.


samedi 26 novembre 2016

Faire pipi aux Usa

Avec les portes pas hermétiques,
comme dans la plupart des toilettes publiques...


En bonne compagnie..


 Chez des électeurs de Trump...

Avec de la saine lecture
Des  graffitis...

 Ou la Bible....

The place I belong


Il y a une chanson que j'aime beaucoup 
qui dit 
"Country roads 
take me home
to the place I belong"
La question est maintenant : 
quel est l'endroit auquel j'appartiens ?



Appalachian trip

On apprend beaucoup en voyageant.
On apprend des mots nouveaux.
On apprend sur le pays.
On apprend les petites manies de chacun.
On apprend sur soi.
Nous sommes donc sur le retour d'un road trip qui nous aura menés aux Appalaches en traversant les Smoky Mountains, et où l'automne s'incline vers l'hiver mais sans qu'on rencontre de neige.






Pendant qu'on montait vers la Caroline du Nord,
le Kid et Mike descendaient back de Virginie.
On s'est tous retrouvés dans un motel de Knoxville pour un dîner et un petit déjeuner en attendant les retrouvailles de Noël
Le Kid conduisait un des deux chars de  Mike, avec une remorque chargée jusqu'aux dents.
J'étais bien fière de lui.
On a parlé un bon moment
Il avance sur son chemin qui n'est pas tout tracé, loin de là.
Mais c'est le sien.


J'ai bien aimé le repas de Thanksgiving chez une cousine de Bobby


J'ai bien aimé aller à la contradance pour faire glisser tout ça. Je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait tant de monde le jour de Thanksgiving.
Les Appalaches c'est vraiment une région de danseurs, beaucoup plus jeunes qu'en Louisiane, et excellents.

J'ai bien aimé les paysages, les voir changer, se dire qu-il faudrait revenir au printemps quand les milliers de rhododendrons sont en fleurs.
Je vous laisse découvrir pourquoi ça s'appelle les Smoky Mountains...


lundi 21 novembre 2016

Elvis et moi

Vous allez rire,
mais je viens de découvrir, en visitant Graceland,




qu'Elvis et moi on a des points communs.
Des gros.
Ouai.
Bon OK, pas les choix de déco...





Mais lui aussi à connu l'heureuse et simple vie de shotgun , 

Il ne raffolait pas de l'alcool, mais il adorait la lecture
Pis il croyait en sa bonne étoile...